MAE et biodiversité

 

Le rôle des MAE pour la conservation de la biodiversité et de l'environnement en Europe

Rédigé d’après :

Batáry, P., Dicks, L. V, Kleijn, D., & Sutherland, W. J. (2015). The role of agri-environment schemes in conservation and environmental management. Conservation Biology, 29, 1006–1016.

 

De nombreuses études scientifiques visent à évaluer l’efficacité des MAE pour la préservation de la biodiversité à travers toute l’Europe. Une publication récente de Batary et al. dans la revue « Conservation Biology » s’est employée à synthétiser les résultats d’autres recherches pour en tirer des conclusions globales.

 

Efficacité générale

Leur première conclusion est que les MAE permettent d’augmenter la biodiversité là où elles sont implantées. Cet effet est plus marqué lorsque les éléments de maillage écologique sont peu présents au point de départ, car dans ce cas l’implantation d’une MAE provoque un réel contraste par rapport à la situation initiale. C’est ainsi que les recettes « simples » appliquées dans les zones d’agriculture intensives d’Europe de l’Ouest se sont révélées totalement inopérantes lorsqu’elles ont été appliquées dans les zones plus extensives des nouveaux états membres de l’UE. Une autre conclusion est que localement, les MAE se sont révélées plus efficaces lorsqu’elles sont ciblées sur un objectif (p. ex. une espèce rare ouun milieu riche en biodiversité) ou sur une zone présentant un intérêt particulier. Toutefois, ce ciblage n’a eu lieu que récemment dans beaucoup de pays (dès 2005 en Wallonie) et son effet n’est donc pas encore perceptible à l’échelle européenne.

 

Importance de l’encadrement et des aspects sociologiques

En plus des caractéristiques propres du programme MAE, les auteurs insistent sur l’importance du facteur humain. D’une part, l’adoption des MAE se faisant sur base volontaire, il est important qu’elles soient compréhensibles par les agriculteurs, et qu’elles contribuent à renforcer leur conscience environnementale, par exemple au travers des services écosystémiques (pollinisation, contrôle naturel des ravageurs, …). D’autre part, l’encadrement, le conseil aux agriculteurs, mais aussi l’expérience des agriculteurs en la matière, sont autant de facteurs qui rendent les MAE plus efficaces.

 

Le rapport coût-bénéfice

Il faut toutefois signaler que les MAE sont une manière onéreuse de conserver la biodiversité, par exemple par rapport à la gestion de grands parcs naturels. Toutefois, cette dépense se justifie dans le cadre européen par le fait qu’une partie importante de la biodiversité, en ce compris un grand nombre d’espèces et d’écosystèmes de haute valeur écologique, dépend d’une gestion agricole pour se maintenir. Il faut cependant veiller à ce que cette dépense publique importante contribue réellement à rencontrer les enjeux environnementaux visés. Il faut pour cela des MAE bien pensées et ciblées sur des enjeux clairement définis, mises en œuvre par des agriculteurs convaincus et bien encadrés. La publication reprend cette citation qui résume bien les choses : « Bien qu’à l’échelle mondiale l’intensification de l’agriculture soit généralement considérée comme le facteur le plus important de perte de biodiversité terrestre, […], en Europe, l’agriculture est considérée depuis longtemps comme une partie de la solution. »

Pour en savoir plus:
Voir l'article complet