Perception des MAEC

 

Plusieurs enquêtes sociologiques ont été menées pour évaluer la perception des méthodes agroenvironnementales par les agriculteurs, en particulier les facteurs d’adhésion, les freins et les incitants au programme. Plusieurs méthodes ont fait l’objet de telles études.

 

Facteurs d’adhésion à la méthode « prairie naturelle » (2015)

Afin de promouvoir une gestion peu intensive des surfaces fourragères, la méthode agroenvironnementale « prairie naturelle » (ou MB2) a été introduite dans le programme wallon en 2004. Elle prolonge la méthode « fauche tardive » mise en place dans les programmes précédents. Il s’agit d’une méthode de base avec une rémunération de 200 euros/ha.an. Suite au nouveau Programme wallon de Développement Rural [2014 – 2020], l’aide attribuée à cette méthode a été plafonnée à max. 50% de la superficie en prairies permanentes. Ce changement est susceptible d’impacter l’adhésion à cette méthode qui a été étudiée à travers une enquête.

Méthodologie

  • Echantillon : 20 agriculteurs repris dans trois catégories : (1) exploitations bio avec MB2 ; (2) exploitations conventionnelles avec MB2 et (3) exploitations sans MB2.
     
  • Localisation : Ardenne et région herbagère liégeoise.
     
  • Méthode : entretiens semi-dirigés (démarche qualitative basée sur la conduite d’entretiens qui accorde une place prépondérante aux réflexions, savoir-faire et expériences pratiques des agriculteurs) avec un formulaire basé sur six thématiques : (1) l’organisation de l’exploitation ; (2) facteurs favorisant la mise en place de la MB2 ; (3) limites et freins à la participation de la MB2 ; (4) rapport à l’autonomie fourragère ; (5) rapport à l’environnement et (6) attentes/souhaites face aux politiques agricoles. Durée moyenne des entretiens : 51 minutes

Résultats

  • Au total, 20 motivations et 23 freins à l’adoption de la MB2 ont été évoqués par les agriculteurs. Les motivations et les freins les plus fréquents sont repris dans le tableau ci-dessous.

  • L’analyse de la perception des MAE a mis en évidence de trois groupes d’agriculteurs :

  • L’enquête a mis en évidence six catégories d’agriculteurs (voir rapport) et cinq formes de participation aux MAE ayant chacune une motivation ou un frein principal :

  • Tableau synthétique des logiques participatives (tableau de fréquence des agriculteurs) :

 

Facteurs d’adhésion à la méthode « bande de parcelle aménagée » (2013) 

La méthode agroenvironnementale « bande aménagée » (MC8) est une méthode ciblée introduite dans le programme wallon en 2005, avec une rémunération de 1250 euros/ha.an. Elle se décline en plusieurs variantes en fonction de l’objectif poursuivis (lutte contre l’érosion, amélioration du paysage, renforcement du maillage écologique, aménagement pour la faune, etc.). Cette méthode a été imaginée au départ pour les zones de grandes cultures. En 2010, seulement 6.6 % des agriculteurs wallons y adhéraient. Cette étude a pour but d’analyser les facteurs d’adhésion dans une région donnée.

Méthodologie

  • Echantillon : 32 agriculteurs repris dans trois catégories : (1) adhérent à la MC8 ; (2) non-adhérent à la MC8 et (3) arrêt de la MC8 (agriculteurs ayant arrêté la méthode).
     
  • Localisation : région limoneuse (Hesbaye brabançonne et liégeoise, Tournaisis ou région limoneuse hennuyère) et région sablo-limoneuse.
     
  • Méthode : entretiens semi-dirigés (démarche qualitative basée sur la conduite d’entretiens qui accorde une place prépondérante aux réflexions, savoir-faire et expériences pratiques des agriculteurs) avec un formulaire basé sur différents thèmes : (1) l’organisation de l’exploitation ; (2) les méthodes agroenvironnementales et (3) les bandes aménagées (avec un focus sur les facteurs d’adhésion exprimés en termes d’avantages et inconvénients de la méthode). Durée moyenne des entretiens : 30 minutes.

Résultats

  • Tableau de fréquence des agriculteurs selon leur catégorie et les zones d’études (définies par directions extérieures du Département de l’Agriculture):

  • Au total, 23 inconvénients et 16 avantages ont été évoqués par les agriculteurs. Le facteur d’adhésion le plus fréquemment cité est d’ordre financier (le revenu de la prime est considéré comme satisfaisant par 19 agriculteurs sur 32). Toutefois les objectifs de la méthode font également parties de la prise de décision d’y adhérer. La principale barrière concerne le développement des adventices dans les bandes. Vient ensuite la date de fauche et la fauche à proprement dit. Les avantages et les inconvénients les plus fréquents sont repris dans le tableau ci-dessous :

  • La raison de l’adhésion peut varier en fonction des régions et des acteurs locaux. Par exemple l’adhésion en Hesbaye liégeoise est gouvernée par le monde de la chasse où les chasseurs jouent un grand rôle en incitant les agriculteurs à s’engager dans la méthode (p. ex. en finançant l’achat des semences). Dans le Tournaisis, les principales motivations sont le revenu généré par la bande et un meilleur contact avec le voisinage. Dans la région sablo-limoneuse, les bandes sont surtout installées dans les zones les moins fertiles ou plus difficilement cultivables.
     
  • L’enquête a mis en évidence de quatre catégories d’agriculteurs :