Suivi des mares

 

Les mares font parties des méthodes agroenvironnementales et climatiques visant à renforcer le maillage écologique. C’est une méthode de base qui ne nécessite pas d’avis d’expert. Un suivi des mares a été réalisé de 2004 à 2012. Ce suivi avait pour objectif d’évaluer :

  • l’éligibilité et le respect du cahier des charges 
  • le contexte géographique, physionomique et hydrologique
  • l’insertion dans le réseau écologique
  • les menaces éventuelles

Méthodologie

  • Echantillon : Le suivi a commencé en 2004, par une première évaluation sur 47 mares. En 2009 et 2010, 46 mares réparties sur la province de Liège ont été visitées. Ensuite lors des saisons 2011 et 2012, 250 mares ont été visitées. Au total, 297 mares ont été visitées pour assurer un échantillonnage représentatif de la totalité des mesures mares engagées.
     
  • Localisation : toute la Wallonie (voir carte)

  • Méthode et indicateurs : Un unique passage sur le terrain a été réalisé pour chaque mare. Pour chaque mare une fiche de terrain a été remplie pour évaluer les paramètres mentionnés ci-dessus. Un relevé botanique (non exhaustif) est réalisé et les espèces animales observées et identifiables sur le moment sont également notées.

Toutes les données récoltées sur le terrain sont disponibles dans la base de données BIOGEOnet.

Résultats

Une grande disparité a été constatée au terme de ce suivi. Les principaux résultats sont les suivants :

  • La taille moyenne est de 430 m2 de moyenne. Le minimum est de 10 m2 et le maximum de 8000 m2.
     
  • La physionomie générale (forme, végétation, situation, environnement immédiat, etc.) est très variable.
     
  • La richesse spécifique varie de 1 à 26 espèces avec en moyenne 10 espèces végétales observées par mare.
     
  • La qualité écologique (sur base des relevés botaniques) est « très faible à moyenne » pour la moitié des mares et « satisfaisante à très bonne » pour l’autre moitié.
     
  • La gestion ne pose pas de problème pour la moitié des mares. Par contre l’autre moitié présente des problèmes ou des défauts de gestion d’importance variable. Citons par exemple l’accès du bétail, l’ombrage par la végétation ligneuse, le profil abrupt des berges, l’atterrissement, etc. Dans certain cas le phénomène de dystrophisation aggrave la situation.

Le bilan global est donc mitigé. Si environ la moitié des mares présente peu à très peu de problèmes, l’autre moitié, ne respecte pas le cahier des charges et/ou est peu intéressante sur le plan écologique. Toutefois cette situation peut être facilement améliorée par une gestion adéquate. Pour améliorer sensiblement l’intérêt écologique des mares quelques pistes sont proposées :

  • Une gestion différenciée en fonction des zones aquatiques, humides, sèches, arborées, etc., devrait être définie dans un cahier des charges précis et ajusté au cas par cas.
     
  • La gestion doit aussi prendre en compte les problèmes d’atterrissement (curage partiel ou complet) et d’apport externe de fertilisants.
     
  • Les berges doivent faire l’objet d’une attention particulière : pente appropriée, végétation herbacée et ligneuse, accès délimité pour le bétail, etc. Pour les plus grandes mares, les ceintures végétales composées d’hydrophytes et d’hélophytes devraient être maintenues et développées.